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19 avril 2017

Une île rude et sauvage mais tellement accueillante !

C'est la fin de notre séjour sur l'ïle de Pâques, mais nous ne pouvons pas la quitter sans ajouter un dernier mot sur sa grande générosité.

Générosité des habitants tout d'abord car on s'est rarement senti aussi bien accueilli depuis le début du voyage. Mais aussi générosité de cette terre au premier abord si aride (aucun cours d'eau sur l'île) et si sauvage, fouettée par les vents et les vagues, sans que les arbres ne puissent y pousser faute de terre, marquée par la violence des volcans qui l'ont peu à peu créée au fil des irruptions....

Ainsi, nous nous souviendrons des côtes rocheuses, parsemées de bassins et où se baigner relève du délice ;



 
Des couchers de soleil et des vagues fouettant la berge devant le camping ;






Des grottes qui se cachent et se prêtent facilement à des jeux d'explorateurs et à de belles rencontres ; 




De notre camping, ses Moais et sa cuisine, également lieu de belles rencontres !!



Enfin, le fameux tampon de l'île de Pâques, preuve ultime sur nos passeports de notre venue dans cet endroit magique... à recommander fortement !

 

La légende et le rite de l'Homme oiseau ou "Tangata Manu"


Après avoir visités la plupart des Ahu où sont alignés les Moaïs, nous partons pour le sud de l'ïle, découvrir le volcan Rano Kau.

Sur la route, nous faisons une halte à la petite grotte Ana Kai Tangata où l'on peut voir une peinture rupestre représentant  des oiseaux... le mystère des hommes oiseaux se rapproche !


Commence ensuite l'ascension du volcan. Nous suivons un chemin qui traverse les champs et nous amène au dessus du cratère. Là, nous découvrons un site incroyable : un énorme cratère, rempli d'une riche végétation qui flotte à la surface d'une eau douce, qui était utilisé par les Rapanui jusqu'aux dernières décennies, en particulier pour y puiser de l'eau douce et y laver leur linge !

La montée vers le volcan


En longeant la crête du volcan par le nord-ouest, nous atteignons le village d'Orongo qui était un site religieux, dédié en particulier au rite de l'Homme oiseau.

Il reste du village de nombreux pétroglyphes et des maisons de pierre : des bâtisses enterrées, très basses et recouvertes d'herbe. Les pétroglyphes sont les mieux conservés que nous ayons vus sur l'île.


Pétroglyphe de l'Homme oiseau, pris au Musée d'Hanga Roa



C'est également du village que nous pouvons voir les trois fameux îlots Motu Iti, Motu Kao Kao et Motu Nui, le plus éloigné et celui où les hommes partaient rechercher l'oeuf de Sterne (Manutara).


Ce rituel vient d'une légende selon laquelle Maké Maké, un Dieu essentiel de la religion Rapanui car il représente le Dieu créateur, aurait apporté sur l'île un couple d'oiseaux Manutara pour qu'il se reproduise. Il aurait tenté son expérience sur plusieurs sites sans succès (car les Hommes mangeaient les oeufs) avant de réussir à maintenir leur prolifération en les déposant sur l'ïlot Motu Nui. 

Une sterne ou Manutara
Maké Maké sous son masque

Après la période du culte des Moais, les Rapanuis, alors en pleines guerres tribales avaient développé ce rituel de l'homme oiseau, qui permettait d'élire un chef spirituel. Un représentant de chaque clan était choisi pour aller nager jusqu'à l'ïlot en s'aidant de roseaux flottants afin d'y prendre le premier oeuf de Manutara de l'année. Il fallait ensuite revenir à la nage et escalader la falaise qui surplombe les ïlots. Le vainqueur était consacré chef selon un rituel très codifié. Il était alors lavé et isolé pendant 12 mois dans une des bâtisses du village d'Orongo. C'est lui qui arbitrait les litiges entre clans. Le rite a pris fin en 1866.




 

Les Moais, encore et toujours !!

Vu le nombre de Moais disséminés sur l'île, il est difficile de tout dire et de tout montrer en un article.... Alors, voici encore quelques exemples de nos balades sur l'île de Pâques. Comme on ne s'en est pas lassé, on espère que vous prendrez le même plaisir que nous !

Mais avant de replonger parmi nos statues préférées, voici une trace laissée par les premiers habitants. Ici, le pétroglyphe montre des animaux marins ; de nombreux autres, aujourd'hui passablement abîmés, représentent les pirogues avec lesquelles les premiers polynésiens sont arrivés.


Au bout de l'île, on trouve la seule véritable plage de sable : la plage d'Anakena... un petit coin de paradis, bordé de cocotiers... et de Moais !!

L'Ahu Nau Nau :

L'Ahu Ature Huki a perdu sa coiffe, le Pukao, fabriqué en tuf rouge. Le Pukao pèse lui-même plusieurs tonnes et ils étaient fabriqués dans la carrière de Puna Pau :



Enfin, dans la baie de Hanga Hoonu, ou baie de La Pérouse, on trouve le "nombril de la terre", également appelé, apparemment à tort, le "nombril du monde". Il aurait des pouvoirs magnétiques, mais nous n'avons pas réussi en en ressentir les effets...


Et pour finir, les seuls Moaïs qui tournent le dos à l'île pour regarder la mer : le Ahu Akivi.



8 avril 2017

Plongée au cœur du mystère des Moais

Inutile de vous mentir, on n'a pas résolu le mystère... Mais le musée et les gardiens des sites nous ont aidé à y voir un peu plus clair.

Les Moais ont été édifiés entre 800 et 1680 après JC, par les habitants appelés Haumaka. Après cette date, les clans entrent en conflit et le culte des Moais est remplacé par celui de l'homme oiseau, qui prendre fin lui-même en 1864, avec l'arrivée des missionnaires catholiques. 

Pourquoi construire ces Moais ? Pour célébrer le culte des ancêtres. Chaque Moai représente un chef de la lignée. Les Moais étaient disposés sur des plateformes, les Ahu, alignés, généralement dos à la mer. Des dossiers en pierre permettaient aux chefs et aux prêtres de s'asseoir et de diriger les rituels. 

Les statues étaient fabriquées principalement en tuf volcanique, à partir de la carrière de Rano Raraku, située à deux pas du site de Ahu Tongariki, où l'on peut admirer le lever de soleil derrière la plus grande rangée de Moais de l'île. Le spectacle est assez envoutant : 15 statues se dressent fièrement devant nous et leurs figures en contre jour, apparaissent puis disparaissent au fur et à mesure du lever de soleil.






Dès à l'approche de la carrière, on est enveloppé par cet atmosphère surnaturel, dû à tous ces Moais disséminés un peu partout. Ici, nous sommes loin des Ahu, qui sont des sites officiels, ritualisés, organisés. Là, les moais semblent s'être arrêtés en pleine marche vers un je ne sais où pour un je ne sais quoi, encore plus intriguant... La théorie retenue est que ces Moais en cours de fabrication ont été abandonnées là, au moment où les Haumaka, alors habitants de l'île, ont renoncés à ce rituel et l'on substitué par celui de l'homme oiseau.
A cela, se rajoute une belle lumière du matin... On a adoré ! 




Sur les versants du volcan, on comprend que les Moais ont été sculptés directement dans la pierre, au sein même de la roche, avant d'être extraits et déplacés sur les sites des Ahu. Il ne restait plus ensuite qu'à leur adjoindre leur coiffe, sculptée sur un autre site. Pour mieux réaliser l'exploit d'une telle taille et du déplacement du Moai, il faut savoir que le moai pèse en moyenne plus de 13 tonnes, sans sa coiffe. Quant à la taille, elle se faisait à la main, bien-sûr !



La balade continue. On découvre des Moais de toute taille, de toute forme, abîmés ou comme neufs... Il y en a même un sculpté à genou (le moai, pas le sculpteur) ! Toutefois, impossible de voir la partie enterrée : seuls les archéologues ont cette chance, et ils remettent la terre, une fois leur mission terminée, pour ne pas abîmer la pierre.











Enfin, nous terminons cette balade par une pause au bord du cratère du volcan... charmant !